Les dictées issues des œuvres deMarie-Amable Petiteau, marquise de la Ferrandière
2 dictéesTextes de Marie-Amable Petiteau, marquise de la Ferrandière
Un merle échappé de sa cage revint à tire-d'aile habiter le bocage, et, répétant à tout propos ce qu'il avait appris pendant son esclavage, il ennuyait parfois un grand nombre d'oiseaux, se croyant plus d'esprit en babillant sans cesse : moi, disait-il un jour, j'amuse, j'intéresse par mon joli langage et mes contes nouveaux. Est-on plus ignorant que pinsons et moineaux ? Les rossignols et les fauvettes ne disent que des chansonnettes, où l'on ne comprend rien, d'ailleurs pas un seul mot ; et la dolente tourterelle… Il commençait ainsi sa longue kyrielle : tout oiseau peu parleur n'allait être qu'un sot ; mais une savante hirondelle lui rabattit le caquet tout à coup : croyez-moi, mon ami, j'ai parcouru le monde ; presque partout, sur la machine ronde, qui pense peu, parle beaucoup.
Deux fleurs, l'autre matin, disputaient de beauté. Le lis de sa blancheur faisait grand étalage ; et la rose, avec vanité, disait qu'à son éclat tout devait rendre hommage : à l'entendre, elle était le chef-d'œuvre des dieux. Pour le lis, se croyant l'ornement de la terre, il ne trouvait rien sous les cieux plus que lui capable de plaire. Pendant ce débat important, près de ces fleurs, la violette émaillait du jardin le tapis verdoyant, ne disait mot, et parfumait l'herbette. De leur éloge et de leur différend un vieux tilleul impatient n'attendit pas le reste. Je préfère, dit-il, la violette à vous ; elle exhale en tous lieux des parfums aussi doux, et, qui plus est, elle est modeste.