Les dictées issues des œuvres deMax Gallo
2 dictéesTextes de Max Gallo
Elle observait, attentive, levée la première, guettant dans la cour, alors que tout dormait encore, un chat qui traversait à pas de velours, deux moineaux qui se chamaillaient d'un piaillement effronté et le grand Antoine, dans sa courte peau de mouton qu'il portait été comme hiver, qui se tenait auprès de la pompe, les deux mains et le menton appuyés sur le manche de son balai, une profonde méditation sur sa figure endormie et non débarbouillée… Sa manière de balayer la cour était un poème… Le calme auguste de l'heure matinale s'étendait sur la trivialité du pavé ; là-haut dans les vitres étincelaient les premiers ors du jeune soleil et, plus haut encore, de petits nuages vaporeux teintés de rose nageaient avant de se dissoudre dans le ciel gris de la grande ville.
Il faut bien que quelqu'un monte sur le ring et dise : « Je suis fier d'être français ». Qu'il réponde à ceux qui condamnent la France pour ce qu'elle fut, ce qu'elle est, ce qu'elle sera : une criminelle devenue vieillerie décadente. Or nos princes, qui devraient la défendre, au lieu de pratiquer la boxe à la française, s'inspirent des lutteurs de sumo ! Comment ne pas chanceler dans ces conditions ? Et les procureurs de frapper fort. Ils exigent que la France reconnaisse qu'elle les opprime, qu'elle les torture, qu'elle les massacre. Seule coupable ! Pas de héros dans ce pays ! Renversons les statues, déchirons les légendes. Célébrons Trafalgar et Waterloo, et renions Austerlitz ! Ils veulent que la France s'agenouille, baisse la tête, avoue, fasse repentance, reconnaisse ses crimes et, tondue, en robe de bure, se laisse couvrir d'insultes, de crachats, heureuse qu'on ne la « nique » qu'en chanson et qu'on ne la brûle que symboliquement chaque nuit ! Il est temps de redresser la tête, de hausser la voix, de monter sur le ring et de boxer à la française !