L'infection tuberculeuse n'est pas comme les maladies contagieuses une infection violente et rapide, à contagion immédiate et à traitement spécifique comme la diphtérie, la fièvre typhoïde. C'est une infection à évolution chronique, à contagion lente, et contre laquelle le médecin et la thérapeutique sont impuissants sans des concours sociaux. C'est une maladie dans laquelle la cure de l'individu n'a qu'une importance secondaire à côté de la défense de la collectivité. Dans l'état actuel de notre société, les individus se réunissent pour travailler ou s'amuser (dans les ateliers, écoles, théâtres). La santé d'un individu réagit donc sur celle des autres.
Les échanges d'une ville à l'autre ou d'un pays à l'autre sont continus, la santé de l'un peut se répercuter sur celle de l'autre. L'alimentation demande chaque jour de plus grands approvisionnements et sa nature varie de plus en plus ; du lait, de la viande importés peuvent créer des disséminations de bacilles : des taxes peuvent modifier toutes les conditions alimentaires d'un pays. La lutte antituberculeuse est donc vaste et complexe ; tous les concours y sont utiles sinon nécessaires. Les médecins doivent chercher à détruire le bacille de Koch si résistant, les législateurs et les municipalités à assainir les lieux habités. Le public éclairé doit détruire les causes sociales de la tuberculose : le surmenage, la misère et l'alcoolisme.