Tout le monde n'a pas une cuisine chez soi : en ville, les gens pauvres vivent dans des appartements trop petits pour y stocker des aliments et y installer un coin cuisine. Bien des veufs renoncent à cuisiner, et la plupart des jeunes célibataires, étudiants ou ouvriers, ne possèdent aucun équipement culinaire et n'ont au demeurant pas le temps de rentrer chez eux à midi. Les voyageurs, pèlerins et marchands, très nombreux dans la ville médiévale, vivent à l'auberge et prennent leur dîner dehors. Tous ces consommateurs se nourrissent dans des estaminets ou se fournissent auprès de traiteurs qui vendent des plats cuisinés sur le pas de la porte ou directement dans la rue, à l'aide de fours mobiles posés sur des charrettes à bras. D'autres, artisans spécialisés installent quelques tables dans leur boutique : tripiers, chaircuitiers (vendeurs de chair cuite, ancêtres de nos modernes charcutiers).
Le cimetière du Père-Lachaise, s'étend sur quarante-quatre hectares. C'est en quelque sorte le plus vaste square de Paris. En mille-huit-cent-quatre, Napoléon 1er décida que les charniers qui empoisonnaient la capitale devaient être supprimés. Il créa le cimetière du Père-Lachaise. Mais le cimetière, alors « extra-muros », n'attirait guère les Parisiens, qui préféraient être inhumés dans Paris. Il fallut une habile mise en scène du préfet Frochot, opération publicitaire avant la lettre, pour que le lieu devienne rapidement à la mode. Le lieu où l'on se devait d'être enterré ! Le fait de côtoyer de grands noms : Héloïse et Abélard, Molière puis La Fontaine déplacés à cet endroit pour l'occasion devenait d'un attrait irrésistible. Des bobos du dix-neuvième siècle, en quelque sorte… On connaît la suite. L'opération réussit au-delà des espérances : on se bouscula bientôt pour avoir le droit d'y reposer.