Tout le monde n'a pas une cuisine chez soi : en ville, les gens pauvres vivent dans des appartements trop petits pour y stocker des aliments et y installer un coin cuisine. Bien des veufs renoncent à cuisiner, et la plupart des jeunes célibataires, étudiants ou ouvriers, ne possèdent aucun équipement culinaire et n'ont au demeurant pas le temps de rentrer chez eux à midi. Les voyageurs, pèlerins et marchands, très nombreux dans la ville médiévale, vivent à l'auberge et prennent leur dîner dehors. Tous ces consommateurs se nourrissent dans des estaminets ou se fournissent auprès de traiteurs qui vendent des plats cuisinés sur le pas de la porte ou directement dans la rue, à l'aide de fours mobiles posés sur des charrettes à bras. D'autres, artisans spécialisés installent quelques tables dans leur boutique : tripiers, chaircuitiers (vendeurs de chair cuite, ancêtres de nos modernes charcutiers).