❤️ Nous avons besoin de votre aide : l'accès au site est (et restera) gratuit et sans publicité, soutenez-nous en devenant un bienfaiteur
Retour

Les dictées issues des œuvres deSimone Veil

4 dictées

Textes de Simone Veil

Bien que cousins éloignés, ils ne se connaissaient pas.

Lorsque je repense à ces années heureuses de l’avant-guerre, j’éprouve une profonde nostalgie. Ce bonheur est difficile à restituer en mots, parce qu’il était fait d’ambiances calmes, de petits riens, de confidences entre nous, d’éclats de rire partagés, de moments à tout jamais perdus. C’est le parfum envolé de l’enfance, d’autant plus douloureux à évoquer que la suite fut terrible. Nos loisirs étaient simples, car hormis la lecture, notre père ne tolérait la musique à la radio ou une sortie au cinéma que de façon exceptionnelle ; je n’ai d’ailleurs gardé aucun souvenir des rares films que nous avons pu voir à cette époque. Nous passions l’essentiel de notre temps libre en famille, entre nous, ou plus tard, lorsque nous avons grandi, dans le groupe des éclaireuses dont nous faisions partie.

Nous formions, mes sœurs et moi, un trio parfaitement soudé. Je nous revois dans la chambre, en train de faire nos devoirs toutes ensemble. Nous avions beaucoup de travail à la maison, même si, contrairement à ce que la rigueur de notre père aurait pu laisser croire, il ne nous poussait pas à l'excellence scolaire. Certes, nous passions sans encombre de classe en classe, mais les études n'étaient pas notre fort. Nous remportions des prix dans les matières qui nous intéressaient, mais pour le reste, nous nous contentions de faire ce qu'il fallait. Nos professeurs étaient pourtant excellents, pratiquement tous agrégés. Moi-même, sans être bonne élève, j'étais souvent le « chouchou » des professeurs.

Mes parents étaient tous deux nés à Paris, précisément avenue Trudaine, à deux pas l'un de l'autre, dans ce coin tranquille du neuvième arrondissement où, au début du siècle, vivaient beaucoup de familles juives qui devaient plus tard émigrer vers d'autres quartiers. Bien que cousins éloignés, ils ne se connaissaient pas. Du côté de mon père, l'arbre généalogique fait état d'une installation en France qui remonte au moins à la première moitié du XVIIIe siècle. Mes ancêtres étaient à l'époque fixés en Lorraine, à proximité de Metz, dans un village où j'ai traîné ma famille il y a quelques années. Le dernier Juif du village, un allègre centenaire, veillait à l'entretien des tombes. Il nous a montré celles de nos aïeux. L'une d'entre elles datait des années mille-sept-cent-cinquante. On imagine l'émotion qui nous a étreints face à ces lointaines traces de notre présence dans ce village.

Dictées gratuites de Simone Veil

Une profonde nostalgie
Une profonde nostalgie
Une profonde nostalgie
Source : Une vie
Les études
Les études
Les études
Source : Une vie
Le dernier Juif
Le dernier Juif
Le dernier Juif
Source : Une vie

🚀 Pour aller plus loin

❤️
Bienfaiteur

Soutenez-nous en devenant
un bienfaiteur

📝
Créateur

Créez des dictées et jeux de mots

🎓
Éducation

Un outil pédagogique
dédié à l'enseignement