Au dix-septième siècle, la nation était divisée en plusieurs classes : le clergé, la noblesse, la bourgeoisie, les paysans. La séparation était précise et observée en apparence avec la plus grande sévérité ; mais les barrières s'abaissaient tous les jours, et un mouvement de bas en haut, lent mais irrésistible, élevait les manants dans la bourgeoisie, et le tiers état dans la noblesse. Les efforts du gouvernement, qui voyait par là diminuer le nombre des contribuables, n'y pouvaient rien ; l'intérêt était plus fort que tous les obstacles. On visait alors à la noblesse, non seulement par vanité, comme de nos jours, mais pour échapper aux mauvais traitements, aux exactions et à la misère qui accablaient les roturiers.
Un panneau de boiserie mobile donne accès à une sorte de réduit, grand à peine de trois pieds : la place d'un homme assis sur un tabouret. C'est, à proprement parler, une armoire qu'éclaire une barbacane dissimulée entre deux pilastres et qu'il est impossible d'apercevoir de l'extérieur. Louis XV se mettait là, pour regarder sans être vu, les gens qui traversaient la cour ; cela lui faisait une distraction. Dans ce gigantesque palais où les galeries succèdent aux enfilades de salons, où l'on peut faire près de trois lieues sans passer deux fois dans la même salle, le maître n'avait bien à lui que ce placard ; il s'y tenait les mains sur les genoux, sans bouger, le nez à la vitre, et rien ne fait mieux comprendre ce que devait être l'écrasant ennui de ce pauvre homme oisif et lassé de tout.