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Les dictées issues des œuvres deThéophile Gautier

4 dictées
Textes de Théophile Gautier

La petite Marie est morte, et son cercueil est si peu long qu'il tient sous le bras qui l'emporte comme un étui de violon. La boîte à musique est muette, mais quand on pousse le ressort où se posait sa main fluette, un murmure en sort.

Étouffée par l'épaisseur des murailles, comme par une sourdine, la musique avait une douceur étrange : c'était un chant d'une volupté triste, d'une langueur exténuée, exprimant la fatigue du corps et le découragement de la passion ; on y pouvait deviner aussi l'ennui lumineux de l'éternel azur, l'indéfinissable accablement des pays chauds. En longeant cette muraille, l'esclave, oubliant le fouet de son maître, suspendait sa marche et s'arrêtait pour aspirer, l'oreille tendue, ce chant imprégné de toutes les nostalgies secrètes de l'âme, et qui le faisait songer à la patrie perdue, aux amours brisées et aux insurmontables obstacles du sort. D'où venait-il, ce chant, ce soupir exhalé à petit bruit dans le silence de la ville ? Quelle âme inquiète veillait, lorsque tout dormait autour d'elle ?

Rien n'était dérangé. La toilette couverte de boîtes à peignes, de houppes à poudrer, paraissait avoir servi la veille. Deux ou trois robes de couleurs changeantes, un éventail semé de paillettes d'argent, jonchaient le parquet bien ciré, et, à mon grand étonnement, une tabatière d'écaille ouverte sur la cheminée était pleine de tabac encore frais. Je ne remarquai ces choses qu'après que le domestique, déposant son bougeoir sur la table de nuit, m'eut souhaité un bon somme, et, je l'avoue, je commençai à trembler comme la feuille. Je me déshabillai promptement, je me couchai, et, pour en finir avec ces sottes frayeurs, je fermai bien les yeux en me tournant du côté de la muraille.

Je levai par hasard ma tête et j’aperçus devant moi une jeune femme d’une beauté rare et vêtue avec une magnificence royale. La charmante créature se détachait sur ce fond d’ombre comme une révélation angélique. Elle semblait donner le jour plutôt que le recevoir. Elle était assez grande, avec une taille et un port de déesse. Ses cheveux, d’un blond roux, se séparaient sur le haut de sa tête et coulaient sur ses tempes comme deux fleuves d’or. On aurait dit une reine avec son diadème. Son front, d’une blancheur bleuâtre et transparente, s’étendait large et serein sur les arcs de deux cils presque bruns.

Dictées gratuites de Théophile Gautier
Ses jouets pleurent
Ses jouets pleurent
Ses jouets pleurent
Source : Les Joujoux de la morte
L'esclave
L'esclave
L'esclave
Source : Le Roman de la momie
Une chambre inquiétante
Une chambre inquiétante
Une chambre inquiétante
Source : La cafetière
Comme elle était belle
Comme elle était belle
Comme elle était belle
Source : La Morte amoureuse
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