Les dictées issues des œuvres deValentine Vattier d'Ambroyse
2 dictéesTextes de Valentine Vattier d'Ambroyse
Tout petit qu'était le jardin entourant la Maison-Blanche, Marguerite Lebrun et sa fille aînée l'entretenaient si bien que son produit dépassait les besoins du ménage. Une partie des légumes était envoyée au marché du Havre ; quant aux plus beaux fruits, Henriette allait les porter elle-même dans quelques maisons des environs. La jeune fille se montrait si polie, si réservée et en même temps si aimable, qu'elle était la bienvenue partout, et en particulier au château des Ormes. Ce château, magnifique propriété située à deux kilomètres de la mer, appartenait à Mme Hermier, riche veuve qui y résidait huit mois de l'année, afin de fortifier, par l'air pur des côtes normandes, la santé débile de Léonie, sa fille unique.
Un jour, il y avait quatre ans de cela, pendant qu'elle faisait une promenade au bord de la mer, il lui prit envie de courir seule, fort loin, sur la grève. Cette fantaisie aurait pu avoir des suites funestes ; car, sans se soucier des recommandations de son institutrice, la jeune fille s'approchait bien près des flots et franchissait étourdiment les nombreux petits ruisseaux que forme la mer à l'heure du reflux. Heureusement, ce jour-là Henriette attendait sur la plage l'arrivée de la barque de son père. Un cri qu'elle poussa sauva Mlle Hermier du danger que celle-ci courait. L'aimable et douce physionomie de la fille du pêcheur attira les regards de Léonie, qui voulut sur-le-champ lier conversation. Lorsqu'elle eut appris qu'Henriette allait souvent porter des fruits dans les châteaux, elle la pria de ne pas manquer de se rendre aux Ormes.