Lorsque la petite Maya se réveilla, il faisait déjà jour. Elle se sentit un peu gelée sous sa grande feuille verte, et ses premiers mouvements furent lents et engourdis. Elle se tint fermement à une des fines nervures de la feuille et fit trembler et vibrer ses ailes pour les rendre souples et les débarrasser de la poussière. Ensuite, elle lissa ses cheveux blonds et frotta ses grands yeux brillants. Elle se glissa prudemment jusqu'au bord de la feuille et regarda autour d'elle. Quelque part, au loin dans le soleil, quelque chose de rouge brillait. Maya regardait cet éclat lumineux et une impatience secrète s'empara d'elle. Elle sentait aussi qu'elle avait faim. Alors, elle s'élança courageusement, avec un bourdonnement clair et joyeux, hors de sa cachette, en plein dans l'air flamboyant et clair.
Elle se dirigea d'un vol tranquille, en ligne droite, vers la lueur pourpre qui semblait l'appeler, et, lorsqu'elle s'en approcha, elle sentit le souffle d'un parfum si suave qu'elle en fut presque étourdie et n'atteignit qu'avec peine la grande fleur rouge. Elle prit son essor vers le pétale bombé qui se trouvait le plus près d'elle et s'y posa. Alors, le léger mouvement communiqué à la fleur fit rouler vers elle une boule d'argent étincelante, presque aussi grosse qu'elle-même, et dont la transparence scintillait de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. Maïa eut terriblement peur. La boule continua de rouler, s'inclina au bord du pétale, sauta et tomba dans l'herbe, Maïa poussa un léger cri d'effroi en voyant que la belle boule s'était brisée en bas en une multitude de perles minuscules.