« J'aime l'Afrique ». Pendant plusieurs générations, en France, ce fut un credo banal : on aimait ce continent attachant, certes sauvage, mais peuplé de gens aimables. C'en est fini de ces ritournelles. Une époque est révolue. Désormais, l'Afrique est présentée comme un continent en perdition, naufragé et inquiétant, rimant avec danger, chaos, famine, massacres et sida. L'Afrique serait une autre planète, un endroit où il ne faudrait plus se rendre, à moins d'être un humanitaire, avatar post-moderne du clerc, ou un militaire, ordonnateur de la nouvelle pacification. L'Afrique, ça se soigne, ça se sécurise. Ça ne se vit plus.