Les dictées issues des œuvres deOvide
3 dictéesTextes de Ovide
Le monde a reçu ses lois : à chaque être il a donné des armes et l'instinct de la conservation. Ainsi le daim fuit, le lion se défend par sa force, le chien avec ses dents, le scorpion avec l'aiguillon de sa queue ; l'oiseau léger ouvre ses ailes et s'envole. Sans connaître la mort, tous la craignent ; tous pressentent leur ennemi, et, pour lui échapper, devinent quelles armes leur a données la nature, et comment ils doivent s'en servir. Ainsi le scare, une fois tombé dans la nasse qu'a tendue sous les eaux l'art du pêcheur, redoute enfin l'amorce trompeuse où il s'est laissé prendre.
Si la seiche, lente à fuir, et surprise au milieu des eaux, voit approcher la main avide qu'elle redoute, elle vomit aussitôt, pour troubler la limpidité de l'onde, une liqueur noire qui cache sa fuite et trompe les regards qui cherchent à la suivre. Le loup, pris dans un filet, parvient, malgré sa grosseur et son poids, à écarter le sable avec sa queue, s'y tient caché, puis s'élance, et d'un bond déjoue les ruses du pêcheur. Quant à la fière murène, comptant sur la force de son dos glissant, elle se joue, grâce à sa souplesse, des mailles impuissantes du filet, les élargit, s'échappe et fait, par l'exemple qu'elle donne, le désespoir du pêcheur.
Le premier âge fut l'âge d'or où, de lui-même l'homme observait la justice et la vertu. On ne connaissait alors ni les supplices ni la crainte des supplices ; on ne lisait point, gravée sur l'airain, la menace des lois, et la foule suppliante ne tremblait pas devant un juge inutile encore à la sûreté des hommes. On n'avait pas encore vu le pin arraché des montagnes, descendre sur la plaine liquide, pour visiter des climats étrangers ; les peuples ne connaissaient d'autres rivages que ceux de leur patrie, et des fossés profonds n'entouraient point les cités. On n'entendait pas résonner l'airain de la trompette allongée ou du clairon recourbé.
Dictées gratuites de Ovide
123 mots
Source : Les Halieutiques