Le premier âge fut l'âge d'or où, de lui-même l'homme observait la justice et la vertu. On ne connaissait alors ni les supplices ni la crainte des supplices ; on ne lisait point, gravée sur l'airain, la menace des lois, et la foule suppliante ne tremblait pas devant un juge inutile encore à la sûreté des hommes. On n'avait pas encore vu le pin arraché des montagnes, descendre sur la plaine liquide, pour visiter des climats étrangers ; les peuples ne connaissaient d'autres rivages que ceux de leur patrie, et des fossés profonds n'entouraient point les cités. On n'entendait pas résonner l'airain de la trompette allongée ou du clairon recourbé.