Le testament de Marcel Péricourt ordonnait les bénéficiaires dans l'ordre de leur importance. Madeleine, son unique héritière, héritait d'un peu plus de six millions de francs, ainsi que de la maison de famille. Joubert, son représentant, se contenta d'un battement de cils. Ce que Madeleine empochait, c'est exactement ce qu'il avait perdu. Très logiquement, le dernier porteur du nom de Péricourt, Paul, recevait trois millions de francs en obligations sur l'État, donc sans espoir de profits importants, mais dont la valeur ne s'éroderait pas avec le temps. La gestion en revenait à son tuteur légal, Madeleine Péricourt, il en disposerait à son 21e anniversaire. Joubert, qui savait compter comme personne, surveillait le compteur, curieux de voir de quelle manière son patron avait distribué le reste, parce que, si l'on exceptait l'hôtel particulier, il venait, en deux passes, d'octroyer quatre-vingt-dix pour cent de ses avoirs.