Ils furent bien aises de savoir que le siège du goût est sur la langue, et la sensation de la faim dans l'estomac. Pour en saisir mieux les fonctions, ils regrettaient de n'avoir pas la faculté de ruminer et ils mâchaient avec lenteur, trituraient, accompagnant de la pensée le bol alimentaire dans leurs entrailles. Afin de produire artificiellement des digestions, ils tassèrent de la viande dans une fiole où était le suc gastrique d'un canard, et ils la portèrent sous leurs aisselles durant quinze jours, sans autre résultat que d'infecter leurs personnes. On les vit courir le long de la grande route, revêtus d'habits mouillés et à l'ardeur du soleil. C'était pour vérifier si la soif s'apaise par l'application de l'eau sur l'épiderme. Ils rentrèrent haletants et tous les deux avec un rhume.