Alors commença pour elle une existence paisible et agréable. Elle dormait tard, se levait quand elle le désirait, et jouissait à l'avance des agréables journées, vides d'obligations, qu'elle occupait à sa guise. Après toutes ces années où, dès le réveil, elle ployait sous les soucis du gouvernement, elle pouvait maintenant ne penser qu'à ses pivoines. Dans la plus grande de ses cours, elle avait fait installer une colline artificielle toute couverte de fleurs. Les jeunes feuilles commençaient à pousser et l'on voyait déjà s'ouvrir des bourgeons roses, cramoisis, ou d'un blanc pur. Chaque matin, des centaines de fleurs nouvelles attendaient sa visite, et l'impératrice marquait bien plus d'empressement pour aller voir ses plantations qu'autrefois pour se rendre à la salle du Trône.