Dans une ville de Toscane que je ne nommerai pas, existait en mille-cinq-cent-quatre-vingt-neuf et existe encore aujourd'hui, un couvent sombre et magnifique. Ses murs noirs, hauts de cinquante pieds au moins, attristent tout un quartier ; trois rues sont bordées par ces murs, du quatrième côté s'étend le jardin du couvent, qui va jusqu'aux remparts de la ville. Ce jardin est entouré d'un mur moins haut. Cette abbaye, à laquelle nous donnons le nom de Sainte Riparata, ne reçoit que des filles appartenant à la plus haute noblesse. Le vingt octobre, toutes les cloches de l'abbaye étaient en mouvement ; l'église ouverte aux fidèles était tendue de magnifiques tapisseries. La sainte sœur Virgilia, maîtresse du nouveau grand-duc de Toscane, avait été nommée abbesse la veille au soir, et l'évêque de la ville, suivi de tout son clergé, allait l'introniser.