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Les dictées issues des œuvres deFanny Loviot

7 dictées

Textes de Fanny Loviot

Le capitaine, le subrécargue et le second firent quelques pas en avant pour sortir de la dunette et aller sur le pont ; je les suivis instinctivement. À peine avions-nous fait trois pas que des boules fulminantes furent jetées sur nous et nous forcèrent à opérer une retraite. Il s'en fallut de bien peu que nous ne fussions atteints par cette pluie de feu qui nous aurait causé d'atroces brûlures. Nous ne pouvions nous expliquer où les pirates voulaient en venir. Le capitaine, qui n'avait que son revolver pour nous défendre, jugea qu'il était prudent de nous dérober le plus longtemps possible à leur fureur. C'était une précaution bien inutile, car ils devaient nous trouver n'importe où, aussi bien que si nous fussions restés dans nos lits.

Au moment où le maître de l'hôtel nous rendait notre monnaie, l'escalier qui conduisait à la pièce où se donnait le repas retentit du bruit de gens avinés qui roulaient plutôt qu'ils ne descendaient, au milieu d'un grand tumulte de cris et de vociférations. Nous cherchâmes à nous esquiver précipitamment, mais alors une mêlée s'engagea entre ces hommes armés de revolvers, et je me trouvai, sans trop savoir comment, séparée de mes compagnons. Au même instant, un coup de feu retentit, et le sifflement d'une balle vient effleurer ma chevelure ; chacun de se sauver, de fuir dans toutes les directions, je veux fuir comme tout le monde, mais au moment de franchir le seuil de la porte, un nouveau coup de feu succède au premier, il vient frapper un individu qui tombe devant moi.

Nos geôliers se souvinrent de nous, il était temps ! Ils entrouvrirent notre panneau à moitié, et nous respirâmes à pleins poumons : le lendemain était le dix-sept ; le jour qui se levait était brillant et splendide ; les pirates vinrent à la première heure, à notre grand étonnement, enlever tout à fait notre panneau. Ils paraissaient joyeux et semblaient vouloir nous être agréables comme à des amis qu'une circonstance fâcheuse aurait forcé de négliger un moment. L'heure du déjeuner venue, ils nous apportèrent à manger avec plus d'abondance qu'ils ne l'avaient fait jusqu'alors et nous offrirent du vin. Cette boisson est faite avec du riz fermenté ; elle est claire comme de l'eau et possède un petit goût suret qui rappelle un peu le vin nouveau de France.

Avec le jour, nous avions espéré que l'on nous donnerait un peu de liberté, mais il n'en fut rien. Les pirates reçurent à bord les marchands avec lesquels ils font commerce de troquer en mer les marchandises volées, et tout préoccupés par l'appât du gain, ils semblaient nous oublier complètement. Mon séjour dans ce réduit insalubre avait fait sortir sur tout mon corps des petits boutons rouges et gros comme des têtes d'épingles ; la sueur coulait de mon visage, il y avait si longtemps qu'on nous tenait enfermés dans cette atmosphère suffocante que j'étais pour ainsi dire asphyxiée. Étendue sur les planches de mon cachot je poussais de douloureux gémissements ; ma souffrance était grande, mon compagnon essayait par de douces paroles de relever mon courage, mais je n'avais pas la force de lui répondre.

Les pirates, stimulés par leur chef, s'étaient levés tout à coup avec un fort mouvement d'action ; ce dernier, en regardant dans sa longue-vue, venait d'apercevoir au loin une jonque marchande ; il la signalait à toute sa bande ; les débris de notre dîner disparurent en un clin d'œil et les pavillons furent hissés en haut du grand mât en signe de ralliement. Les pirates couraient çà et là, disposant tout pour une attaque. Il s'agissait encore de pillage ; mon compagnon et moi reprîmes notre rôle passif ; nous attendions, dans une anxiété silencieuse, des événements nouveaux ; mais Dieu ne permit pas que cette journée qui avait été si heureuse pour nous s'achevât au milieu du carnage ; ils s'aperçurent que la jonque qu'ils poursuivaient ne pouvait être atteinte.

Trois jours encore et nous devions toucher la terre ; nous nous félicitions déjà d'être au terme de notre voyage, lorsqu'un ouragan des plus effroyables vint fondre sur nous. Le tonnerre gronda dans l'immensité avec accompagnement d'éclairs ; des nuages noirs, énormes, roulaient dans le ciel avec furie ; ils étaient en couches si épaisses au-dessus de nos têtes, qu'ils assombrissaient l'atmosphère dans toute son étendue. Au loin, partout se montraient à nos yeux des trombes à l'aspect gigantesque ; si nous étions touchés par l'une d'elles, nous coulions infailliblement : le capitaine, vieux loup de mer, jetait souvent les yeux sur son baromètre, et chaque fois il n'avait rien de rassurant ; nous subissions, disait-il, la queue d'un typhon.

Le climat à Hong-Kong est malsain et fiévreux, les chaleurs y sont lourdes et pesantes. On rencontre dans cette ville tous les métiers ; les tailleurs, les cordonniers, les blanchisseurs s'y font concurrence pour fournir aux Européens. Les marchands ambulants sont en grand nombre ; et si ce n'est le costume et le langage qui diffèrent, on peut les comparer à nos marchands des quatre-saisons ; ils vendent des fruits, des rafraîchissements, des gâteaux, des poissons grillés, de la volaille rôtie. Beaucoup de mendiants, d'estropiés, d'aveugles parcourent les rues. Ces derniers agitent constamment une petite clochette pour attirer l'attention publique. Puis aussi, ce qui ne manque pas de poésie, des ménestrels ; ces bardes des temps anciens, sur un signe, entrent à domicile et récitent ou chantent de vieilles légendes, tantôt tristes et tantôt bouffonnes.

Dictées gratuites de Fanny Loviot

L'attaque
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Source : Les Pirates chinois : ma captivité dans les mers de Chine
La bagarre
La bagarre
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Source : Les Pirates chinois : ma captivité dans les mers de Chine
Le déjeuner
Le déjeuner
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Source : Les Pirates chinois : ma captivité dans les mers de Chine
Le cachot
Le cachot
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Source : Les Pirates chinois : ma captivité dans les mers de Chine
Les préparatifs de l'attaque
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Source : Les Pirates chinois : ma captivité dans les mers de Chine
L'ouragan
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Source : Les Pirates chinois : ma captivité dans les mers de Chine
La vie à Hong-Kong
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Source : Les Pirates chinois : ma captivité dans les mers de Chine

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