Le départ d'Orly était à présent imminent. Bien que ce ne fût pas le Concorde ou quelque glorieuse légende aéronautique, Joséphine était tout excitée à l'idée de s'envoler à bord d'un de ces « albatros mécaniques » avides de kérosène. Elle était surtout enthousiaste de quitter un quotidien qu'elle devinait à jamais morose. Ce voyage était synonyme de nouveau départ, tant géographique que social. Là-bas, elle sera inconnue. Tous les espoirs étaient donc permis. Elle était plongée dans cette rêverie lorsqu'elle entendit l'appel des hôtesses pour l'embarquement. Elle s'avança nonchalamment, comme pour cacher cet empressement et cette impatience un peu enfantins qu'elle ressentait. C'était pour elle une première et elle comprenait à présent, parce qu'elle le vivait, pourquoi ses amis étaient si fascinés par les voyages. Dans une dizaine d'heures à peine, elle arriverait à destination…