Ainsi les printemps se succédaient, et à mesure que les années passaient, il les sentait venir de plus en plus vaguement. Mais pourtant une chose lui restait : son amour pour sa terre. Il l'avait quittée pour établir sa demeure dans une ville, et il était riche. Mais il restait enraciné dans sa terre, et bien qu'il l'oubliât pendant de nombreux mois d'affilée, chaque année à la venue du printemps, il éprouvait le besoin de se rendre à sa terre, et il y allait. Parfois, il amenait un domestique et son lit et il couchait de nouveau dans la vieille masure. Réveillé à l'aurore, il sortait et de ses mains tremblotantes cueillait une baguette de saule en bourgeon et un rameau de pêcher fleuri qu'il tenait tout le jour à la main.