Il possédait la moitié de la Californie et des milliers de vergers et de vertes prairies ; il n'en était pas peu fier ; il s'appelait John Suter, oui, John Suter, quand un jour il entendit pour son malheur une clameur. L'or ! L'or baignait dans ses ruisseaux, l'or gisait dans ses coteaux ! Et l'on vit cent-mille aventuriers envahir ses bois, ses prés pour de l'or que le ciel avait caché au fond des terres de John Suter. L'or avait détruit ses troupeaux, l'or avait détruit ses travaux. Impuissant devant la destinée, devant l'ironie du sort, il est mort ; il est mort seul et ruiné loin de ses terres. Pauvre Suter !