La campagne nous enivrait. Dans ces temps-là, il ne venait à l'idée de personne qu'on eût à divertir la jeunesse. Elle s'amusait comme elle pouvait. Le golf, le tennis, le diabolo, étaient inconnus ; la bicyclette n'existait pas ; le croquet semblait objet de luxe, et les pique-niques, les excursions, la comédie, les réunions dansantes, eussent été jugés sévèrement et qualifiés de déraisonnables… La question n'était même pas agitée. On flânait autour du jardinier ; on allait voir la bonne mère Jitard, qui soignait la basse-cour et savait les vieilles chansons du pays ; on regardait faire le beurre, puis la lessive ; et les jours de liberté coulaient paisibles, dans une médiocrité heureuse et douce…