Quand la violence submerge votre quotidien, elle chemine et se répand dans tout votre être, elle détermine votre condition et influence votre existence. La littérature exploitait et révélait la complexité des êtres ; ceux que j'avais chaque jour en face de moi cherchaient sinon à la dissimuler, du moins à la rendre moins visible, à lisser tout ce qu'il y avait de brutal et de féroce en eux et, derrière ce procédé, je voyais moins une manipulation qu'une tentative désespérée de ne pas se heurter à soi-même. Lire, c'était se confronter à l'altérité, c'était refuser les représentations falsifiées du monde.