Que les gouvernements, celui d'aujourd'hui comme les autres, n'aiment pas la liberté, n'est pas nouveau. Les gouvernements tendent à l'efficacité. Que des populations inquiètes du terrorisme ou d'une insécurité diffuse, après un demi-siècle passé sans grandes épreuves et d'abord sans guerre, ne soient pas portées à faire le détail n'est pas davantage surprenant. Mais il ne s'agit pas de détails. L'État de droit, dans ses principes et dans ses organes, a été conçu pour que ni les désirs du gouvernement ni les craintes des peuples n'emportent sur leur passage les fondements de l'ordre politique, et d'abord la liberté. C'est cette conception même, que, de propagande sécuritaire en renoncements parlementaires, nous voyons depuis vingt ans s'effacer de nos mémoires sans que personne ou presque ne semble s'en affliger.