Ainsi j'étais renvoyée, et j'allais revoir la maison paternelle. Hélas, qu'allaient-ils penser de moi ? Incapable, après toutes mes vanteries, de tenir même pendant une année la place de gouvernante auprès de trois jeunes enfants, dont la mère, au dire de ma tante, était une femme très bien ; ayant été ainsi mise dans la balance et trouvée trop légère, pouvais-je espérer qu'ils me laisseraient faire un second essai ? Cette pensée m'était fort pénible : car, si vexée, fatiguée et désappointée que je fusse, et quoique j'eusse appris chèrement à aimer et apprécier la maison paternelle, je n'étais point encore dégoûtée des aventures ni disposée à me relâcher de mes efforts.