On conçoit l’intérêt avec lequel ces audacieux contemplaient l’astre des nuits, but suprême de leur voyage. Le satellite de la Terre dans son mouvement de translation se rapprochait insensiblement du zénith, point mathématique qu’il devait atteindre environ quatre-vingt-seize heures plus tard. Ses montagnes, ses plaines, tout son relief ne s’accusaient pas plus nettement à leurs yeux que s’ils les eussent considérés d’un point quelconque de la Terre ; mais sa lumière, à travers le vide, se développait avec une incomparable intensité. Le disque resplendissait comme un miroir de platine. De la Terre qui fuyait sous leurs pieds, les voyageurs avaient déjà oublié tout souvenir.