Une fois les métayers partis ou décédés, les troupeaux s'en allèrent eux aussi un beau matin vers l'abattoir. Quand ces fermes de proximité furent vides, Joseph et Germain partaient cueillir de la bruyère dans les friches pour faire des balais pour balayer l'étable des vaches. Les balais, ils les faisaient l'hiver à l'abri du mauvais temps quand toutes les corvées étaient achevées. Germain semait une variété de sorgho le long du champ de maïs afin de récolter des tiges touffues pour confectionner les balais d'intérieur ; c'était le maïs de balejo. Il en donnait volontiers à Joseph. Il n'y avait pas de petites économies pour ces hommes habitués à se contenter de peu qui pratiquaient l'autosuffisance dans une sobriété pour ainsi dire heureuse avant que les problèmes de santé ne les affectent.