Le lendemain, la pluie se met à tomber sur la contrée. Une pluie généreuse et salutaire, mêlée de quelques éclairs menaçants. Alice y voit un signe du ciel, une colère divine comme dans le déluge après la mort de Jésus. Malgré le ciel gris et tourmenté, elle part au pré d'en bas pour cueillir des herbes. Elle souhaite être seule, ne plus voir les siens. Tandis que la pluie la surprend, elle rapporte une brassée de luzerne pour les quelques lapins que sa mère soigne encore dans une cage bancale en bois devenu gris avec l'usure du temps. Bien qu'abrité, le petit clapier reçoit la pluie par vent d'autan, cela altère le bois insidieusement. Il n'y a pas d'argent à mettre dans l'acquisition d'une lapinière.