Au retour de la chasse, Nasr-ed-din-chah marchait seul en avant de ses officiers quand trois hommes se précipitèrent vers lui. Pendant que l'un d'eux tendait une pétition, que l'autre se jetait à la tête du cheval et déchargeait un pistolet sur le monarque, le troisième cherchait à le désarçonner en le tirant violemment par la jambe. Quelques chevrotines criblèrent le bras du roi et effleurèrent ses reins. Nasr-ed-din-chah, qui ne le cède en sang-froid et en courage à aucun de ses légendaires devanciers, ne fut pas troublé de cette agression : il prit le temps d'asséner plusieurs coups de poing sur la figure de ses adversaires, puis enleva au galop sa monture déjà épouvantée et put échapper aux mains de ses agresseurs.