Une telle femme ne peut exister ici-bas… Nul médecin ne saurait te guérir, nul poète t'apaiser, c'est l'ombre d'un fantôme qui jour et nuit te hante. Nous nous sommes connus en des temps inouïs, quand les forces du monde étaient déjà taries ; tout était en deuil, tout ployait sous le malheur, il n'y avait de fraîches que les tombes. La vague de la Néva, sans réverbères, était d'un noir de suie, la nuit autour de nous était un mur aveugle… Et voilà quand ma voix t'a soudain appelé ! Moi-même je ne savais pas encore ce que je faisais. Tu es venu à moi comme guidé par une étoile, t'avançant à travers un automne tragique, dans cette maison à jamais désertée d'où s'élançait la volée de mes vers brûlés.