Plus de la moitié de notre valeureux régiment est tombée dans cette cruelle et funeste bataille. Plusieurs fois nous avons donné la charge, plusieurs fois nous avons délogé l'ennemi, et plus d'une fois, à notre tour, nous avons été forcés de battre en retraite. La mitraille pleuvait sur nous, les boulets nous taillaient en pièces, tandis que le sifflement perçant et infernal des balles me laissait complètement assourdie. Je ne puis les supporter ! Les boulets, c'est autre chose. Au moins rugissent-ils avec majesté, et avec eux le dénouement est-il toujours bref ! Après plusieurs heures de combat acharné, ce qui restait de notre régiment a reçu l'ordre de se replier à quelque distance pour reprendre souffle. Profitant de ce répit, je suis partie observer comment notre artillerie se tirait d'affaire.