En l'espace d'une seconde, mon demi-escadron avait tourné bride et galopait ventre à terre sur la grand-route ; je restais en arrière de tous. L'escadron galopait en désordre, en une masse compacte, par-dessus les buissons, les buttes et les fondrières ; Zelant, mon fougueux et arrogant destrier, brûlait de prendre le mors aux dents ; il avait la mauvaise habitude, quand il s'échauffait, de renverser la tête vers le ciel, et je me retrouvais devant un choix fort difficile à faire : ou bien lâcher la bride à Zelant et sur-le-champ tomber avec lui dans une fosse ou être précipitée en plein galop à travers un buisson, ou bien le retenir et être rattrapée par l'ennemi qui volait sur nos traces.