Malgré mes craintes et l'aspect horrible du lieu, jamais la nature ne m'avait paru si majestueuse. Tout à coup, on annonce quelque chose qui ressemble à un lion. Cette nouvelle est entendue avec la plus grande émotion ; chacun, voulant constater la vérité, fixe l'objet indiqué ; l'un croit voir la longue crinière du roi des animaux, l'autre assure que sa gueule est déjà ouverte pour nous dévorer ; plusieurs, armés de fusils, couchent l'animal en joue, s'avancent de quelques pas, et reconnaissent que le prétendu lion n'est qu'un arbuste, qu'un vent léger agitait. Cependant les hurlements des bêtes féroces qui nous avaient tant effrayés se faisant encore entendre, nous crûmes devoir regagner les bords de la mer afin de continuer notre route vers le sud.