Dis-moi, Céline, les années ont passé, pourquoi n'as-tu jamais pensé à te marier ? De toutes mes sœurs qui vivaient ici, tu es la seule sans mari. Non, ne rougis pas, tu as toujours de beaux yeux ; tu aurais pu rendre un homme heureux. Dis-moi, Céline, toi qui es notre aînée, toi qui fus notre mère, toi qui l'as remplacée, n'as-tu vécu pour nous autrefois que sans jamais penser à toi ? Dis-moi, Céline, qu'est-il donc devenu ce gentil fiancé qu'on n'a jamais revu ? Est-ce pour ne pas nous abandonner que tu l'as laissé s'en aller ? Mais non, Céline, ta vie n'est pas perdue ; nous sommes les enfants que tu n'as jamais eus. Il y a longtemps que je le savais et je ne l'oublierai jamais.