Voici venu le très aimable mois de mai, le gai, qui a tant de douceur que les vergers, les buissons et les bois sont tout chargés de verdure et de fleurs et toute chose se réjouit. Parmi les champs tout fleurit et verdoie, et il n'est rien qui n'oublie ses soucis, par la douceur du joli mois de mai. Les oisillons vont chantant de plaisir, tout s'éjouit partout communément, sauf moi, hélas, qui souffre trop de peine, parce que je suis loin de mon amour et je ne peux avoir de joie. Et plus est gai le temps et plus il me peine. J'ai déploré en pleurant maintes fois qu'il me manque celui dont je n'ai secours.