La demeure apparaissait d'une gaieté presque flamboyante dans la clarté du couchant. La double rangée de grandes balsamines et d'ombellifères qui bordaient l'avenue s'arrêtait net contre le gravier. Les vigoureux rosiers grimpants de Virginie qui ornaient les murs de la maison avaient placé leur jeune feuillage scintillant avec un tel art sur le fond de vieilles briques, qu'on eût dit une parure imaginée d'avance. Certainement, la peinture fraîche des volets et du porche avait été faite ainsi que l'astiquage de chaque vitre. Derrière la demeure, le verger des cerisiers étendait le voile blanc de ses floraisons et dans le ravin qui séparait les deux domaines, il y avait les tiges rouges des osiers, le pourpre et l'or des glaïeuls qui croissaient au bord de la rivière, et puis la floraison de mai particulière au cours d'eau lui-même, cette légère fleur d'écume.