Au milieu d'une forêt, en une belle place bien aérée et éclairée par le soleil, croissait un charmant petit sapin. Tout autour de lui se trouvaient une quantité de camarades plus âgés et par conséquent plus grands que lui : des pins et des chênes énormes. Le plus ardent désir du petit sapin était d'égaler en hauteur ses voisins. L'hiver arriva et avec lui la neige blanche et étincelante. Souvent un lièvre, poursuivi par les chasseurs, franchissait d'un saut le petit sapin, et cette familiarité blessait au vif son orgueil. Après deux hivers, il avait grandi assez pour que les lièvres fussent obligés de passer sous ses branches. Ce progrès était trop lent à son gré. Pousser, grandir et devenir vieux, c'est ce qu'il y a au monde de plus beau, pensait l'arbre.