Les rédacteurs en chef des grands journaux considèrent eux-mêmes d'un œil morne l'aventurier naïf qui croit les intéresser en allant remonter le cours de l'Amazone. Le grand reportage, naguère réservé à quelques célèbres privilégiés, est aujourd'hui le fait quotidien de milliers de voyageurs anonymes qui vont en douze heures, sans en parler, là où hier encore on se rendait en dix-huit jours pour l'écrire. Si l'on veut intéresser encore, il faut au moins un bathyscaphe ou une fusée. Le monsieur qui part sur une patinette pour le Népal a une petite chance de retenir l'attention du public, mais vous n'impressionnerez plus personne en déclarant que vous serez demain à Calcutta.