Quelquefois, je l'avoue, j'envie cet homme qui, dans les salons, sort de sa poche la clef de la situation internationale. Il a traversé sa journée dans le beurre ou dans les cuirs et peaux, mais il semble que, le soir venu, il réponde enfin à l'appel de sa vocation véritable : dominer le monde et ses problèmes. Le miracle est que tant de gens, qui redoutent dans la journée l'humeur d'un sous-chef de bureau, se sentent de taille, après dîner, à discuter très fermement avec le Kremlin. On dirait, en fait, qu'il leur suffit de quitter le bureau pour avoir la situation mondiale bien en main.