La preuve que je ne suis pas fait de la même fibre que les héros, je l'ai eue en voyant, dans un grand film, Mlle Katherine Hepburn descendre, en canotier d'institutrice anglaise, les rapides de la jungle africaine à travers les bancs d'hippopotames et d'alligators, et donner ses instructions à monsieur Humphrey Bogart pour confectionner une torpille avec un tube d'oxygène et quelques clous. Comme je voudrais être Mlle Hepburn pour pouvoir, au cœur de la forêt vierge, allumer une forge avec du charbon de bois et métamorphoser une boîte de conserves en pale d'hélice ! Mais je ne possède ni cette désinvolture avec laquelle les vedettes marchent à travers l'inextricable enchevêtrement des lianes, ni cette peau mithridatisée qui leur permet de se baigner impunément au milieu des raies venimeuses et des poissons survoltés.