Sur la place de la ville chaude et rouge, la petite sauvageonne fière de quatorze ou quinze ans, peut-être plus, se donne au rythme de la musique. Sa peau dorée de soleil, tressaille, ondule et s'amuse dans le tempo des percussions. Le violon et la flûte magnifient la douceur de ses formes. Sous sa jupe rouge, ses hanches se balancent. Tout son corps paraît fait de musique et de danse. Elle tournoie, elle chavire, elle frémit. Elle est en transe, se tord et rebondit, de plus en plus effrénée. Elle saute par-dessus les pavés posés de traviole, joue avec leurs écartements. Il semble que c'est elle qui crée les résonances des notes. Et puis soudain, tout s'arrête. Le souffle s'apaise. Les musiciens couchent leur instrument dans leur étui. Ils reviendront demain.