C'est un petit asticot blanc qui a traversé pendant un an un bouquin qu'on ne lisait plus guère et qui dormait sur l'étagère. Il l'a troué de part en part, faut dire qu'il n'était pas flemmard pour se descendre en transversale « L'Éducation sentimentale ». Un trou dans le point sur le i, une fois franchie la couverture, pouvait commencer l'aventure. Cet auteur, il l'a adoré, on peut dire qu'il l'a dévoré ce millefeuille de huit-cent-douze pages comme on fait un trou dans le fromage. Mais quelques pages avant la fin, il se dit : « Je n'ai plus très faim ». Et dans la couverture bleu pâle de « L'Éducation sentimentale », il s'est endormi bienheureux non sans faire une crotte ou deux, ce qui fit un peu de poussière sur le rebord de l'étagère.