C'était le spectacle, toujours pittoresque, et la curieuse promiscuité de ce monde bizarre et bariolé qui constitue la clientèle habituelle de la Cour d'Assises. Individus interlopes, pauvres hères introduits, on ne sait comment, dans l'enceinte des places réservées, municipaux en petite tenue, gardiens du Palais et aussi avocats aux longues robes sombres. Parfois, dans ce méli-mélo de gens, surgissait une tête originale, une physionomie étrange. Il y avait là aussi des journalistes griffonnant en hâte des notes d'audience. Puis, c'était dans le couloir où l'on se bousculait, rompant le murmure confus des conversations et imposant, par son irruption, un silence respectueux, le passage rapide d'un magistrat affairé.