Ce qui faisait défaut à Sarkozy en matière de cohérence idéologique, il le compensait par l'audace, le charme et une énergie frénétique. Les discussions étaient ainsi tour à tour amusantes et exaspérantes. Ses mains en mouvement perpétuel, sa poitrine bombée comme celle d'un coq nain. Son interprète personnel (contrairement à Merkel, il parlait un anglais limité) toujours à ses côtés, reflet exalté de chacun de ses gestes, de chacune de ses intonations. Tandis que la conversation passait de la flatterie à la fanfaronnade, sans manquer d'une authentique perspicacité ni jamais s'éloigner de son intérêt premier, à peine déguisé, qui était de se trouver au cœur de l'action et de s'attribuer le mérite de tout ce qui valait qu'on s'en attribue le mérite.