Petite fille, Elsa ne percevra qu'un écho lointain de cet antisémitisme généralisé, lorsqu'un jeune Russe de famille noble refusera de jouer avec elle après avoir appris qu'elle était juive. Quant à Lili, comble de l'ironie, il lui faudra attendre l'ère stalinienne pour se sentir menacée. Mais, bien que vivant sous cloche, et au sein d'une famille athée, les deux sœurs ouvrent les yeux sur le sort réservé aux leurs grâce à des parents qui ne leur cachent rien. Elles savent tout des mesures discriminatoires prises à l'encontre des Juifs, tel ce numerus clausus dans l'administration ou les universités, et connaissent l'existence des redoutés pogroms. Cette conscience jouera un rôle dans leur adhésion au communisme qui, loin des injustices du régime tsariste, semblait paré des trois vertus indispensables : liberté, égalité, fraternité.