Le train creuse la campagne de ce printemps nouveau. Qu'elle puisse autant croître, verdoyer et s'animer me porte au cœur. En moi, c'est l'hiver qui frissonne ; les arbres devraient faire profil bas et se dénuder, le soleil mettre son voile et, surtout, les hommes se taire. Ton absence est une corde qui m'étrangle, vole mon souffle et me brûle la chair aussi fort que je me débats. Parfois, je me cramponne à elle pour retrouver mon chemin jusqu'à la surface du monde. Je me sens comme ces ballons que l'on tient du bout de leur ficelle. Un instant d'inattention, une petite crampe dans la main et il vous file entre les doigts.