Une fois qu’on a eu la date supposée de l’inhumation, il a fallu organiser la cérémonie du souvenir. Bizarrement, j’ai tout de suite su quoi faire. Le lundi qui a suivi, en début d’après-midi, j’ai fui la salle à manger glaciale et vide où mon frère achevait de dresser la liste des adresses où envoyer les faire-part et j’ai marché sans réfléchir vers le presbytère de Morneville pour aller voir le curé, André Barraté, ami d’enfance du défunt. André Barraté, fils de maraîcher, avait entendu l’appel de Dieu un matin de septembre 1965, dans la plaine où il récoltait des patates avec son frère. Entre deux missions à Mayotte ou en Afrique, il passait systématiquement dire bonjour à mes parents. Je le connaissais depuis toujours et ça me rassurait d’avoir affaire à lui.