Blanche ferme les yeux et tourne son regard vers le tréfonds de sa mémoire de petite fille, lorsqu’elle avait appris ce poème, vers l’âge de neuf ou dix ans. Elle se souvient avoir vu un jeune chat se faire persécuter par des adolescents. Bouleversée, elle avait appelé sa mère qui était sortie en courant pour sauver le petit animal de la cruauté de ces jeunes. Elle l’avait soigné et adopté. Blanche se souvient aussi d’un fait singulier. Elle avait été alertée par les aboiements d’un vieux chien solitaire, une sorte de clochard sans nom, qui traînait dans les rues du quartier en survivant des quelques restes que les habitants voulaient bien lui donner. Le chien aboyait si fort, ce qui n’était pas dans ses habitudes, que Blanche était sortie voir ce qui se passait et avait ainsi découvert la scène de ces jeunes désœuvrés qui martyrisaient le chat.