Il n’est pas vrai que l’homme recherche le plaisir et fuit la douleur. Le plaisir et la douleur sont des conséquences, des phénomènes concomitants ; ce que veut l’homme, ce que veut la moindre parcelle d’un organisme vivant, c’est un accroissement de puissance. Dans l’effort qu’il fait pour le réaliser, le plaisir et la douleur se succèdent ; à cause de cette volonté, il cherche la résistance, il a besoin de quelque chose qui s’oppose à lui… La douleur, qui est une entrave à sa volonté de puissance, est donc un fait normal, l’ingrédient normal de tout phénomène organique. L’homme ne cherche pas à l’éviter, il en a constamment besoin ; toute victoire, toute sensation de plaisir, tout phénomène suppose une résistance vaincue.