Là-haut, dans sa chambre, Dorian Gray gisait sur un sofa, la terreur dans chaque fibre frissonnante de son corps. La vie lui était devenue subitement un fardeau trop lourd à porter. La mort terrible du rabatteur infortuné, tué dans le fourré comme un fauve, lui semblait préfigurer sa mort. Il s’était presque trouvé mal à ce que lord Henry avait dit, par hasard, en manière de plaisanterie cynique. À cinq heures, il sonna son valet et lui donna l’ordre de préparer ses malles pour l’express du soir, et de faire atteler le brougham pour huit heures et demie. Il était résolu à ne pas dormir une nuit de plus à Selby Royal ; c’était un lieu de funèbre augure. La mort y marchait dans le soleil. Le gazon de la forêt avait été taché de sang.